HOMELIE DU 21 MARS 2021 Père de DREUILLE

Homélie du père de Dreuille
21 mars 2021
Cet évangile qui, chez Saint Jean, rapporte l’évènement de Gethsémani, ce que l’on appelle l’agonie de Jésus, le moment où Jésus entre dans un combat, l’agonie c’est le combat, combat contre les forces du mal, ce temps que Jésus a passé à Gethsémani dans son agonie, va être le début de sa Passion qui va Le conduire jusqu’à la mort et la résurrection, ce qui est le mystère de Pâques que nous célébrerons dans quelques jours, et Saint Jean ne raconte pas l’évènement précis de Gethsémani au début de la Passion, comme le font les autres évangélistes, mais c’est ici qu’il nous le donne dans l’évangile que nous venons d’entendre. Cet évangile nous rappelle que nous sommes à un moment particulier de notre marche vers Pâques.
Depuis quelques temps, mes frères, vous le savez, nous sommes en temps de Carême… (J’espère que vous avez déjà réalisé, mais sinon, il est temps encore !!!). Eh bien, nous ne sommes plus maintenant tout à fait dans le temps du Carême, commencé le mercredi des Cendres ; à partir de ce dimanche nous entrons dans ce temps plus particulier qui s’appelle le Temps de la Passion. La semaine qui s’ouvre s’appelle la Semaine de la Passion et le début de la Semaine Sainte continuera à nous inviter à méditer sur la Passion. Vous voyez qu’on passe progressivement de notre conversion, en temps de Carême, jusqu’au regard sur le Christ dans le don qu’Il fait de sa vie, notamment au travers de sa Passion. Nous entrons donc, à partir de ce jour, dans le Temps de la Passion. Autrement dit, dans notre marche vers Pâques, progressivement, dimanche après dimanche, nous sommes invités, de plus en plus, à nous décentrer de nous-mêmes, à ne plus nous regarder nous-mêmes simplement, mais tout de même à nous tourner entièrement vers le Christ qui donne sa vie pour nous. Mais tout de même, en contemplant le Christ qui donne sa vie pour nous, nous sommes invités à Lui dire à quel point
nous avons besoin qu’Il nous donne sa vie, à quel point nous avons besoin d’être sauvés, à quel point nous ne pouvons pas vivre si nous ne sommes pas sauvés. Et toute notre vie chrétienne, trouve sa source dans la Passion, la Mort et la Résurrection. Alors, tout cela sera rassemblé durant la Semaine Sainte, maintenant assez proche, mais voyez l’Eglise a voulu que, dès ce cinquième dimanche de Carême, nous entrions déjà dans ce Temps de la Passion, pour que nous puissions prendre le temps de contempler cette Passion du Christ.
Et cette Passion du Christ, c’est quoi ? Plusieurs choses à partir des lectures de la messe de ce jour :
Tout d’abord, cette parole de Jésus « quand je serai élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » Voyez, Jésus, est élevé de terre sur la Croix, et sa Passion a une double face, si l’on peut dire : bien sûr, il y a l’aspect douloureux et dramatique de la Passion où Jésus est mis en Croix, mais l’Ecriture nous dit que, lorsqu’Il est mis en Croix, c’est le sommet de son abaissement, de sa Passion, de sa vie, eh bien, précisément, la Croix, va être le lieu, élevé de terre, qui va nous attirer, nous conduire vers le Père. Passer par le Christ qui donne tout sur la Croix, pour que nous puissions être en communion avec le Père. C’est pourquoi Jésus insiste sur cette image du grain de blé, « si le grain ne tombe en terre et ne meurt pas, il demeure seul mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Voyez, la Passion du Christ, porte beaucoup de fruits, puisque nous sommes tous les fruits issus de la Passion du Christ ! Nous sommes des fruits issus de la Passion du Christ et c’est pourquoi, il nous faut prendre ce temps pour contempler le Christ dans sa Passion.
Qu’a fait le Christ pendant sa Passion ? Eh bien, deux choses qui seront rapportées dans les lectures !
Premièrement, Il vient établir l’Alliance Nouvelle, vous l’avez entendu dans la première lecture, dans ce très grand texte du prophète Isaïe (Si vous voulez le retrouver dans votre Bible, ce n’est pas compliqué, c’est : Jérémie 31, 31). C’est la seule référence, dans l’Ancien Testament, où l’on parle de l’Alliance Nouvelle. Cette Alliance Nouvelle, promise par le Seigneur, c’est celle que Jésus réalise dans sa Passion, dans le don qu’Il fait de Lui-même, pour que nous entrions dans cette Alliance. Et cette Alliance Nouvelle, nous la trouvons dans notre Nouveau Testament, et, en même temps, c’est cette Parole que le prêtre prononce à la suite de Jésus, au moment de la Consécration : « le sang de l’Alliance Nouvelle et Eternelle ». Voyez comment cette parole de Jérémie, au coeur de notre foi quotidienne est bien le fruit de la Passion du Christ. Le Christ, par sa Passion, a réalisé cette Alliance Nouvelle.
Quelles sont les caractéristiques de cette Alliance Nouvelle ?
D’abord, elle sera Nouvelle, radicalement Nouvelle et ce n’est pas rien ! C’est le Christ qui est capable de faire pour nous une telle nouveauté ! C’est vraiment vivre une Bonne Nouvelle, voyez ! Vivre chaque jour, chaque semaine, d’une manière nouvelle. Pas simplement vivre, mais que nous puissions entrer dans cette dynamique d’une nouveauté qui est sans cesse nouvelle, puisque Lui, ne cesse de se donner à nous, nous sommes invités à faire nôtre cette Alliance !
Et puis, ensuite, « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes. Je l’inscrirai sur leur coeur ». Quand vous trouvez la Loi dans un texte comme cela da la Bible, avec un L majuscule, c’est la Parole de Dieu ; ce n’est pas seulement la Loi au sens légal, mais c’est la Torah, en hébreux, et c’est vraiment la Parole de Dieu, tout l’enseignement que Dieu nous donne. Autrement dit, ce qu’Il veut graver sur nos coeurs, c’est sa propre Parole. Sa Parole n’est plus gravée sur les Tables de la Loi, comme à l’époque de Moïse, mais désormais sur chacun de nos coeurs. Et c’est ça que réalise Jésus dans sa Passion : Il grave sa propre Parole au fond de chacun de nos
coeurs ! Mais qu’est-ce que le coeur dans la Bible ? Le coeur d’une personne, dans la Bible, est le lieu de la liberté, le lieu du choix, c’est le lieu de l’engagement, c’est le lieu où on peut répondre de tout notre coeur ! Si on reçoit ce coeur nouveau, avec l’Alliance Nouvelle, si on accueille ce coeur nouveau, nous pouvons, à ce moment-là, inscrire la Parole de Dieu sur nos coeurs, c’est-à-dire que toute notre vie va être illuminée par cette Parole de Dieu !
C’est pour cela que le Christ ne cesse de nous offrir chaque jour sa Parole, et peut-être faut-il apprendre à faire en sorte que cette Parole soit vraiment gravée en nos coeurs. Il ne faut pas hésiter à apprendre par coeur des Paroles de Dieu…Ne pas hésiter à les recopier ! Voyez parfois, au moment où on a une décision à prendre, au moment où on est dans la difficulté, ou, au contraire, au moment où on a envie de rendre grâce, eh bien la Parole de Dieu peut jaillir de notre coeur, elle est une Lumière pour chacun de nous. C’est comme cela que le Seigneur peut graver sa Parole, l’inscrire au plus profond de chacun de nous.
Et puis, cette très belle formule « Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » : c’est un don réciproque. Si Jésus s’est donné complètement pour nous, c’est qu’Il nous invite aussi à nous donner à notre tour. « Tous me connaîtront, du plus petit jusqu’au plus grand » ! C’est encore une étape précise de cette Alliance Nouvelle ! Cette connaissance au fond de nous. Jésus nous donne la connaissance, au fond, de son Père, et du mystère lié à son Père. Et pour cela, nous pouvons rendre grâce !
La dernière étape de cette Alliance Nouvelle, c’est « Je pardonnerai leurs fautes, Je ne me rappellerai plus de leurs péchés ». C’est là où le Temps de la Passion peut rejoindre ce qu’on avait vu en début de Carême, cette invitation forte à la conversion. Et je vous rassure, la conversion est toujours possible, dans nos relations à Dieu, à nous-mêmes, aux autres…En tout cas, nous reconnaitre pécheurs, non pas pour nous lamenter sur notre péché, ou se replier sur nous-mêmes, mais c’est pour nous décentrer de nous-mêmes, mais si nous pouvons vivre ces moments de conversion, reconnaitre que nous sommes pécheurs, c’est surtout pour pouvoir accueillir et recevoir le Pardon que le Seigneur ne cesse de nous offrir
C’est ce très beau psaume, qui nous est offert à notre méditation de ce dimanche, et que nous pouvons évoquer tout au long de cette semaine, après le passage du Miserere, ce psaume 50 ou 51, selon les notations : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans Ton Amour, selon ta grande Miséricorde, efface mon péché ! ». Ce psaume nous révèle que l’homme juste selon la Bible, n’est pas l’homme qui est sans péché, mais c’est l’homme capable de se reconnaitre pécheur ! L’homme juste, c’est celui qui n’hésite pas à se reconnaitre pécheur, non pas parce qu’il va demander pardon à cause de ses fautes, bien sûr que s’il n’avait pas péché, il ne demanderait pas pardon, mais l’homme juste de la Bible c’est celui qui demande pardon, non pas à cause de ses fautes, mais qui demande pardon à cause de la Miséricorde de Dieu. : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans Ton Amour, selon ta grande Miséricorde, efface mon péché ! ». La raison pour laquelle on demande pardon n’est pas seulement pour nos fautes, c’est d’abord et surtout parce que le Seigneur nous révèle son Amour et sa Miséricorde !
Chaque démarche de pardon que nous vivons nous rapproche et nous fait communier davantage avec ce coeur de Dieu, ce coeur riche en Miséricorde et en Tendresse, pour que notre propre coeur devienne aussi, à l’image du coeur de notre Dieu, un coeur riche en Miséricorde. Et c’est bien pour cela que le Christ ne cesse de s’offrir à nous, comme Il le fait dans son Eucharistie
Amen !