Je t’ai aimé.

Je t’ai aimé

Il m’est venu spontanément à l’esprit, la première encyclique du pape Léon XIV : « Je t’ai aimé ». Cette encyclique vient prolonger la réflexion du pape François de lumineuse mémoire qui avait écrit : « Dilexi nos » (Il nous a aimés). Il s’agit donc pour ces deux papes, de nous faire grandir dans l’amour de Dieu pour notre humanité pauvre et blessée. De façon plus précise encore, l’encyclique du pape Léon XIV met en lumière l’amour envers les pauvres. Cela ne doit point nous étonner, car Jésus dit : « Je ne viens pas pour les bien-portants, mais pour les malades » (Mc2,17). Et j’ajouterais pour les pauvres. Les pauvres de Dieu sont connus dans la Bible sous le vocable de « Anawim ». Ils ont pour noms la « veuve », « l’orphelin », « l’étranger ». On peut dire que ce sont les chouchous de Dieu. Le mois de décembre qui commence, est le mois de grâce par excellence. En . effet, au cours de ce mois, nous célébrons l’« Immaculée Conception » et la « nativité de Jésus ». Nos regards sont déjà polarisés vers cette merveilleuse nuit, au cours de laquelle le Soleil de Justice se lèvera pour éclairer nos pas aux chemins de la paix. Le Pape Léon XIV affirme dans son encyclique : « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout l’Eglise » N°9. Celui que nous nous préparons à recevoir à Noël, lui aussi « s’est fait pauvre, afin de nous enrichir par sa pauvreté » (2Co8,9). Chaque année en entrant dans le monde, le Fils de Dieu interpelle nos consciences. Et pour partager la condition déshumanisante des pauvres, Dieu son Père, accepte que l’Enfant-Jésus naisse dans une mangeoire. Quel abaissement ! Quel acte d’humilité ! Dès lors, notre Dieu se distingue des autres dieux cachés dans l’Olympe et qui restent indifférents à la souffrance et à la pauvreté des hommes. Dieu entre dans l’histoire des hommes et fait de notre histoire la sienne. Saint Jean n’a-t-il pas dit : « Et le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn1,14). En conséquence, chaque année, le temps de l’Avent nous est donné pour une remise en question : Où en suis-je de cet appel à l’amour et à la charité ? En effet, si Dieu vient partager notre humanité si pauvre, c’est parce qu’il nous aime d’un amour inconditionnel : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique ». (Jn3,16). Toutefois, il serait sans doute réducteur de ne voir la pauvreté que sous l’angle du matériel. A Noël, Jésus vient pour toutes les formes de pauvreté. Le pape renchérit en disant dans son encyclique : « Il existe en effet de nombreuses formes de pauvreté : celle de ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins matériels, la pauvreté de ceux qui sont socialement marginalisés et n’ont pas les moyens d’exprimer leur dignité et leurs potentialités, la pauvreté morale et spirituelle, la pauvreté culturelle, celles et ceux qui se trouvent dans une situation de faiblesse ou de fragilité personnelle ou sociale, la pauvreté de ceux qui n’ont pas de droits, pas de place, pas de liberté ». N°9. Que le temps de l’Avent nous aide à voir dans chaque pauvre, l’Emmanuel qui vient parmi nous, amen !

Père KOUAGOU.T. Hermann