QUEL EST TON COMBAT POUR CE TEMPS DE CARÊME ?
Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, des pleurs et des lamentations. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez au Seigneur, votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour ; il regrette le malheur qu’il inflige. » Joël 2, 12-13)
Frères et sœurs, chaque année, la liturgie chrétienne nous offre le temps de carême, afin de recharger nos batteries spirituelles. Quand on parle de carême, la première idée qui trotte dans notre esprit, c’est l’idée du combat, de l’effort, du sacrifice…
C’est bien vrai, car pour nous et avec nous, Jésus va s’armer au désert pour le combat à mener. Je voudrais que notre combat commun soit celui de la lutte contre les propos toxiques. Ce qui peut tuer une communauté, une famille, vient de nos propos amers et peu charitables. Je vous propose trois raisons pour lesquelles nous devons y remédier en ce temps de carême :
a/ Cela empoisonne la vie :
Par le baptême, il coule en chacune de nos veines, le précieux sang du Christ sauveur qui fait de nous frères et sœurs. Ce climat de fraternité peut devenir toxique au quotidien, si nous manquons de charité. La langue est un feu : elle peut à la fois bénir et maudire. Nous devons apprendre à discipliner notre langue et imiter Jésus qui n’avait jamais de propos déplacés. Sous le coup de la colère, nous pouvons nous égarer en parole toxique et venimeuse. Certes, Il est impossible que la pensée de l’homme ne soit pas troublée par des idées toxiques. Leur venue ne dépend pas de nous, mais il est en notre pouvoir de les repousser en rectifiant aussitôt notre volonté.
b/ Cela empêche Jésus de nous inspirer :
Pour que Jésus, par l’opération de l’Esprit Saint s’imprime en nous, il faut savoir garder son cœur. Car c’est du cœur de l’homme que sortent les pensées mauvaises.
Ce n’est pas ce qui entre en nous qui nous rend impur, mais ce qui sort de nous. C’est ce que nous dit l’évangile. Dieu s’intéresse à nous, mais il nous sera impossible de l’écouter, si nous ne fermons pas la porte aux pensées toxiques de nos cœurs. Ne soyons donc pas étonnés qu’après avoir passé des heures d’adoration, on ait l’impression d’une sécheresse spirituelle exacerbée. Oui ! Si ton cœur est chargé de soucis, de pensées malveillantes, Dieu peinera à y entrer pour y faire sa demeure.
c/ Cela sert de terrain favorable au diable :
L’esprit malin se réjouit, lorsque nous devenons prisonniers de choses toxiques. Lorsque nous nous laissons balloter par des pensées négatives, cela fait le jeu du diable et nos idées toxiques nous intoxiquent au final. Si nous ne résistons pas à cette forme d’emprise, le démon peut se reposer tranquillement sur le bord de la touche, puisque nous faisons son job. Il nous sollicitera davantage et nous deviendrons son instrument privilégié. Il est toujours à nos portes, d’où la vigilance. Jésus lui aussi n’a pas échappé aux tentations du diable. C’est donc les yeux fixés sur notre maître que nous gagnerons ce combat. Mais nous avons l’assurance que Dieu
est capable de transformer nos propos toxiques en pensées saines, constructives, bienveillantes pour toute personne qui nous écoute. Saint Augustin nous rassure en disant : « Dieu, puisqu’il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres, s’il n’était pas assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même ».
Fructueux carême à tous !
Père KOUAGOU.T.Herman