MARIE, MÈRE DE L’ESPÉRANCE

« Mon âme exalte le Seigneur,  exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur !   Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! » (Lc 1, 46-49)

La tradition chrétienne, a souvent dédié le mois de mai à la Vierge Marie. C’est aussi le cas pour le mois d’octobre, qui est le mois du rosaire. C’est une heureuse coïncidence que le mois de mai soit sous l’égide de Marie, car c’est aussi le mois du printemps. La nature refleurit. Le moral est à son beau fixe. En un mot, tout chante et respire joie, bonne humeur et beauté. Marie est donc le printemps de nos vies.  Ma réflexion dans cet éditorial m’emmène à un constat :Beaucoup de chrétiens avouent, qu’il leur ait plus facile de prier Marie que de se tourner vers Jésus. Ils ont l’impression qu’avec Jésus, nous sommes encore dans l’abstraction, alors qu’avec Marie, nous sommes dans le concret, le tangible. Et pourtant, la place de choix de Marie dans l’Église vient de Jésus son Fils unique.  Marie, cette femme remplie d’humilité, reconnaît sa place et n’a jamais fait ombrage à son Fils. Aux noces de Cana elle dira : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2,5). Elle n’a jamais voulu s’attirer à elle les regards ou les honneurs. Elle est toujours tournée vers son Fils et par conséquent vers Dieu.  Saint Louis Grignon de Montfort, un grand dévot de Marie disait : « A Jésus par Marie ». C’est d’ailleurs la spiritualité du chrétien lambda. Nous empruntons la porte de Marie, pour accéder à son Fils Jésus. Pourquoi nous est-il plus facile de prier Marie que de prier son Fils ? Je n’y vois qu’une seule raison :   Nous estimons que pour obtenir les faveurs divines, la mère est plus habilitée. En fait, c’est elle qui a porté son Fils dans ses entrailles, et elle sait comment lui présenter nos doléances. Elle sait quels sont les mots les plus adéquats, les gestes les plus propices, pour que nous soyons exaucés. Dans la tradition africaine, je ne sais pas si c’est le cas en occident, on est toujours sûr d’obtenir ce que l’on veut, quand on a sollicité la mère ou la femme. Mais nous ne devons jamais oublier que Marie n’est, que parce que Jésus est. Il est donc important de nous mettre à l’école de Jésus qui nous a dit : « Qui m’a vu, a vu le Père ». (Jn14,9)

            Aujourd’hui, notre monde a sombré sous les décombres de la guerre, des rivalités incessantes, des conflits interminables. Et comme l’apôtre Pierre jadis, nous nous exclamons : « Seigneur à qui irions-nous » (Jn6,68). A l’instar des disciples d’Emmaüs désemparés, Jésus nous apporte le feu de l’espérance par sa mère.  Avec Marie, nous devons rallumer la flamme de cette espérance à toute épreuve. Dans ce triste théâtre de notre humanité, dans ce chaos à nul autre pareil dans lequel nous sommes plongés, Marie devient la porte de l’espérance. Avec Marie, soyons des semeurs d’espérance. Que ce mois de Marie ravive en nous la joie de l’espérance chrétienne au milieu de cette fournaise de guerre, amen !                                                                                                     Père KOUAGOU.T. Hermann