DÓU FOUNS DE MOUN COR, VOUS GRAMÀCIE

 

   » Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que je  fais mémoire de vous. À tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, cest avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour lannonce de l’Évangile. »

(Philippiens 1:3-6)

Il est des moments dans la vie où les mots ne suffisent pas à exprimer ce que l’on ressent au fond du cœur. En écrivant mon dernier article pour le bulletin de la Vallée des Baux, je réalise que, le 16 août prochain, s’achèvera pour moi une mission de neuf années parmi vous. Je mesure combien cette terre et cette communauté ont occupé une place importante dans mon ministère sacerdotal et dans ma vie, car il s’agit d’une longue mission vécue au même lieu depuis 21 années de vie sacerdotale, la première fois comme curé.

Lorsque je suis arrivé dans la Vallée des Baux, je n’imaginais pas tout ce que nous allions vivre et partager ensemble. Au fil des années, nous avons parcouru bien plus qu’un chemin pastoral : une véritable aventure spirituelle et fraternelle. J’y ai rencontré des femmes et des hommes généreux, profondément attachés à leur terre, à leur foi et à la vie de nos communautés chrétiennes.

Au cours de ces neuf années, nous avons partagé les grandes étapes de la vie : les joies des baptêmes, des communions et des mariages, mais aussi les épreuves du deuil, toujours éclairées par l’espérance chrétienne. À travers ces moments, nous avons cherché à faire grandir une communauté vivante, fraternelle et missionnaire.

Dans cet esprit de proximité et de service, j’ai souhaité être davantage présent au cœur de nos paroisses en mettant en place trois permanences du curé, ouvertes à tous sans rendez-vous. Ensemble, nous avons également travaillé à rendre nos églises et nos lieux d’accueil plus beaux, plus fonctionnels et plus accueillants, même si beaucoup reste encore à accomplir.

Avec vous, nous avons pu embellir le chœur de nos églises (Maussane, Mouriès, Fontvieille), améliorer l’éclairage et diverses installations aux Baux – grâce à la mairie – ainsi que installer des systèmes de sonorisation (Maussane, Mouriès, Fontvieille), restaurer les presbytères (Mouriès, Fontvieille, Paradou -grâce à la mairie-, Maussane en cours), réaménager la chapelle d’adoration de Fontvieille, et rénover les salles paroissiales de Mouriès et de Fontvieille.

L’évangélisation n’a jamais été pour nous un programme, mais la joie d’une rencontre avec le Christ vivant, qui éclaire les cœurs et met chacun en chemin vers Dieu.

C’est dans cet esprit que nous proposons des temps d’évangélisation lors des fêtes locales et durant l’été aux Les Baux-de-Provence, afin que les visiteurs de passage puissent eux aussi repartir en pèlerins.

Si l’évangélisation et la vitalité pastorale sont essentielles à l’avenir de l’Église, la bonne gestion de ses biens ne l’est pas moins. Au fil de ces années, je me suis efforcé d’administrer les ressources de nos paroisses avec le soin d’un bon père de famille, afin de préserver et de transmettre un héritage solide aux générations qui nous succéderont.

Si notre unité Pastorale a retrouvé un élan, si de nouvelles initiatives ont vu le jour et si des liens fraternels se sont tissés entre les générations, cela n’est pas l’œuvre d’un seul prêtre. C’est le fruit du travail patient et généreux de nombreux bénévoles, responsables, catéchistes, sacristains et sacristines, équipes liturgiques, membres des conseils, servants d’autel, chorales, mouvements et associations. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice et contribué à faire rayonner l’Évangile dans notre vallée.

Je garde également une profonde gratitude pour les prêtres qui ont partagé cette mission à mes côtés : le Père Louis ROUVE et le Père Michel CICCULLO aujourd’hui rappelés à la maison du Père ; le Père Jean-Claude QUINET, dont le dynamisme demeure remarquable à l’âge de 93 ans dans sa Belgique natale ; ainsi que les vicaires qui poursuivent leur ministère dans leur pays d’origine : le Père Léonard et le Père Hermann au Bénin, ainsi que le Père Didier au Cameroun. Je n’oublie pas non plus les Pères Antoine et Guilhem d’Arles.

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à mes curés, qui ont contribué à ma formation en m’aidant à découvrir une pratique liturgique et pastorale différente de celle que j’avais connue dans mon pays d’origine : Mgr Thierry Scherrer, Michel Girard, Thierry Gallay et Hervé Rossignol.

Je préfère une Église moderne et accueillante, ouverte à tous, sans jamais oublier ses valeurs ni son héritage. J’ai toujours cherché à mettre en œuvre une pastorale de l’accueil, dans le respect des enseignements et des règles de l’Église. C’est dans cet esprit de service que, si j’ai pu parfois, au cours de mon ministère parmi vous, ne pas être à la hauteur de vos attentes en raison de la charge du travail, de mes limites personnelles ou d’autres circonstances, je vous en demande humblement pardon, du fond du cœur.

La Vallée des Baux restera pour moi une terre bénie. J’y garderai en mémoire les célébrations dans nos églises chargées d’histoire, les grandes fêtes liturgiques, les pèlerinages, les visages familiers et la beauté simple de la vie paroissiale. Je me souviendrai également avec gratitude de mes activités auprès des sapeurs-pompiers et des nombreux engagements partagés au service de notre territoire.

Aujourd’hui, une nouvelle mission m’attend. Comme les disciples envoyés sur les routes par le Christ, je suis appelé à poursuivre mon chemin ailleurs. Comme vous le savez, je vais d’abord vivre un temps de renouvellement spirituel au sanctuaire de Notre-Dame de La Salette. Je rejoindrai ensuite ma famille, tout en restant en lien avec la paroisse locale. Puis viendra un temps d’études — probablement à St. John’s University, à Minneapolis, sous réserve de l’aboutissement du dossier en cours — avant d’être envoyé dans une nouvelle paroisse, en Inde ou en France, selon la volonté de mes évêques. N’hésitez pas à me faire signe si vous passez par l’endroit où je serai alors (jvettoonickal@gmail.com)

Je vous invite à regarder l’avenir avec espérance. Les prêtres passent, les générations se succèdent, mais la mission demeure. Continuez à faire vivre cette belle communauté avec le même enthousiasme, la même générosité et la même confiance dans le Seigneur.

 

Dóu founs de moun cor, vous gramacie!

Que lou Segnour vous benesigue, vous et vosti famiho.

Emé ma preguiero.

Dóu founs de moun cor, vous gramacie .

 

P. Joseph